Français de Londres, informez-vous.

Sur l'invitation d’Olivier Cadic, membre UDI de l’Union des Français à l’Etranger (UFE), nous nous sommes rendues, au début du mois de mai, à la cinquième réunion « Plan Ecole de l’UFE ».

 

 

 

 

C’est dans les magnifiques locaux de l’Ecole Internationale Franco Anglaise (EIFA) à Portland Place que nous avons assisté la réunion. Avec l’intervention d’Olivier Cadic et de Sophie Routier pour une petite part, les parents présents ainsi que les acteurs de l’éducation ont pu s’informer et échanger sur la scolarité française à Londres.

 

La mobilisation de la société civile est nécessaire

 

Aujourd’hui est annoncé qu’il n’y aura pas de nouvel établissement scolaire à Londres après celui de Wembley prévu pour septembre 2015. Cette position fut tenue déjà par le passé par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étrangeravant la création du Collège Français Bilingue de Londres (CFBL) en 2011. Et comme l’exposait dans son intervention Mr Cadic, l’Agence céda devant la détermination et le travail d’acteurs sur le terrain.

En 2006, avec le concours de tous, des politiques, dont Mr Cadic, institutionnels ou encore professionnels de l’éducation ainsi que des membres de la société civile comme Sophie Routier, bénévole active de la première heure, le projet de Plan Ecole fut élaboré. Concertation large et ouverte de tous les acteurs de la communauté éducative, il fut mis en place en 2008 sous l’autorité de l’Ambassadeur.

Ce projet de nouvel établissement fut coordonné par Laurent Batut, attaché culturel adjoint chargé des questions éducatives. Financièrement, il bénéficia d’une structure originale, le French Education Property Trust limited (montage financier novateur mariant acteurs publics et acteurs privés). Quant à la suite, nous la connaissons, le CFBL a ouvert ses portes en septembre 2011 à Kentish Town.

 

Aujourd’hui, la mobilisation est plus que jamais de rigueur sur le dossier des écoles françaises à Londres. En effet, le lycée Charles de Gaulle et le CFBL, tout comme d’autres écoles primaires du réseau AEFE à Londres, refusent des inscriptions faute de places disponibles.

Un troisième établissement scolaire est certes prévu pour la rentrée 2015. En 2011, a été élaboré en effet un nouveau projet par les mêmes acteurs et coordonné par M. Batut, compte tenu de l’état des lieux et des projections de l’évolution du réseau AEFE.

Ce travail aboutit à la décision, entérinée par M. l’Ambassadeur en juin 2011, de créer un nouvel établissement. Sa forme pédagogique est aujourd’hui définie. Il s’agira d’un collège-lycée doté de 17 sections. Une possibilité d’une section primaire est aujourd’hui à l’étude, car nécessitant des autorisations auprès des autorités britanniques. Le lieu de l’établissement est identifié (à Brent au nord de Londres) et son montage financier est de même nature que pour le CFBL.

En juin prochain, un des comités Plan Ecole présentera au comité de pilotage, sous le patronage de M. l’ambassadeur, ses conclusions très attendues sur la question des flux. Dès aujourd’hui, nous savons que le manque de place dans les écoles du réseau AEFE ne sera pas réglé avec ce dernier établissement. Au vue de la montée des cohortes, il ne faudra, selon Olivier Cadic, que cinq ans pour se retrouver dans la même situation que celle où nous nous trouvons aujourd’hui.

 

 

Alors d’autres voies ?

 

Il existe en effet des alternatives aux écoles gérées par l’AEFE. Comme l’expose Olivier Cadic lors de la réunion, d’autres modèles de scolarités répondent dès aujourd’hui à la demande des familles françaises ou bilingues qui souhaitent maintenir le français dans l’environnement de leur enfant. Scenarios organisés ou non avec l’AEFE, avec la Mission Laïque autre opérateur scolaire, ou encore avec des acteurs privés.

L’Ecole Internationale Franco Anglaise (EIFA) a ainsi pu voir le jour en janvier dernier, cela après des années de recherches de locaux infructueuses, d’autorisations et de validations refusées. Une brève intervention de sa directrice et fondatrice Sabine Paradis, à la réunion de l’UFE permis également de connaitre rapidement son parcours de « combattante » en la matière...

Cette école maternelle et primaire de Portland Place est aujourd’hui inédite sur la place de Londres du fait de sa collaboration, non pas avec l’AEFE, mais avec la Mission Laïque française. Sabine Paradis-Dehon et Isabelle Faulkner, co-fondatrices, enregistrent aujourd’hui plus de 100 inscriptions d’enfants à 90% bi-nationaux pour la prochaine rentrée. L’avenir de cette école, dotée d’un programme français et intégrant davantage de matières artistiques et de langues étrangères, semble avoir de beaux jours devant elle.

Mais il n’y a pas que ces initiatives privées au coût important. D’autres alternatives possibles existent pour la communauté française. La Free school de Cuhlam, ancienne école européenne devenue publique anglaise, constitue un très bel exemple de reconversion avec l’aide des autorités britanniques.

Plus généralement, selon Olivier Cadic se pose le besoin d’améliorer la transparence en ce domaine pour connaitre les écoles anglaises concernées par une ouverture au français à quelque niveau que ce soit. Il souhaite plus d’informations sur le travail effectué par le service du Consulat sur l’objectif 2 du plan école et précisément, que le travail de prospection et de développement des filières bilingues dans les écoles britanniques soit plus connu de nos ressortissants.

 

 

And what else ?

Il y a d’autres sujets touchant la scolarité française à Londres que M. Cadic souleva lors de son exposé. Parmi eux, nous retiendrons la question de la différence des frais de scolarité entre les établissements scolaires de l’AEFE. Est-il compréhensible, s’inquiète-t-il pour les familles, d’avoir au sein d’écoles relevant toutes de l’AEFE, des prix de scolarité aussi distincts? D’autres interrogations visent l’action de l’AEFE, agence qui dépend du Ministère des affaires étrangères français, telles que les conséquences de la réforme des bourses comme celle de la récente circulaire promulguée sur les conditions d’homologation des établissements français situés à l’étranger.

 

En conclusion

 

Trouver une place dans école française à Londres n’est pas simple…. Mr Cadic estime aujourd’hui à 700 le nombre de demandes d’inscriptions qui, à cette heure pour la rentrée de septembre 2013, ne pourront être acceptées dans les écoles françaises à Londres. Le journal national de 20h en a même fait tout récemment l’écho dans l'un de ses sujets.

Pour autant, les alternatives existent. Des solutions, nous en connaissons un certain nombre et les exposons régulièrement dans nos colonnes grâce aux informations données par M. Batut et M. Le Tournel.

Elles vont de l’école publique anglaise à la Free school nouveau modèle d’école qui peut avoir un programme très accès sur les langues étrangères voire même être bilingue, comme l’exemple de Cuhlam cité plus haut.

Autre alternative, les écoles privées anglaises (independent schools), comme celle par exemple de Wifgift, tournées sur les langues et notamment le français ou incluant dans son programme après la classe, une formation CNED comme celle de Hampton Court, ou encore le recours aux petites écoles FLAM (Français langue maternelle) encore appelées écoles du samedi.

Ces alternatives aux écoles du réseau AEFE doivent être davantage mises en avant pour nos familles en désarroi devant un premier refus. Chacun de nos compatriotes devraient pouvoir trouver une solution le temps de leur résidence en Angleterre. Ainsi, une liste pourrait être disponible à l’adresse des parents qui, selon leur projet éducatif et leurs moyens financiers, leur permettrait de rebondir et de trouver, dans un autre scenario scolaire, une école exigeante et toute aussi ambitieuse pour leurs enfants. Nous travaillons à ce projet.